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Les agents IA d’une agence

Faux dossier locataire : 8 contrôles avant de signer le bail

Par · 4 août 2026· 11 min de lecture· Mis à jour le 23 septembre 2026
Faux dossier locataire à contrôler : fiche de paie, avis d’impôt et pièce d’identité, code de l’avis lu au téléphone, grille de 8 contrôles cochés.Avant de signer le bail, chaque pièce du dossier passe par la grille des huit contrôles : le code signé de l’avis d’impôt, par exemple, se lit au téléphone.

Un faux dossier locataire est une candidature à la location dont une ou plusieurs pièces ont été fabriquées, retouchées ou empruntées à un tiers pour tromper le bailleur sur l’identité, la situation ou les ressources du candidat. Un nom, une adresse ou un montant se modifient avec un simple logiciel, outils d’IA compris, et un document soigné n’en porte pas toujours la trace : l’examen à l’œil ne suffit donc pas. La vérification repose sur huit contrôles, adossés pour la plupart à des textes et à des services publics, de la liste légale des pièces jusqu’au label DossierFacile.

Écrit pour le gestionnaire locatif, qui répond de ses vérifications devant le bailleur, cet article complète notre guide des agents IA d’une agence immobilière ; le propriétaire qui loue seul y trouvera la même méthode.

Qu’est-ce qu’un faux dossier locataire, et pourquoi l’IA le rend-elle plus difficile à repérer ?

Un faux dossier locataire, aussi appelé faux dossier locatif ou fraude au dossier de location, contient au moins une pièce fabriquée, retouchée ou empruntée à un tiers ; l’IA, qui s’ajoute aux logiciels de retouche, le rend plus difficile à repérer à l’œil : l’apparence soignée d’un document ne prouve pas son authenticité. La fraude prend trois formes.

  • La pièce fabriquée. Une fiche de paie d’un employeur qui n’existe pas, une attestation rédigée par le candidat lui-même.
  • La pièce retouchée. Un document authentique dont un salaire, une date ou un nom a été modifié.
  • La pièce authentique d’un autre. Le ministère de l’Intérieur rappelle que les justificatifs envoyés en réponse à une fausse annonce peuvent ensuite servir à usurper l’identité de leur titulaire.

Les deux premières formes laissent parfois des traces : police qui change, alignement approximatif, logo pixelisé. Leur absence ne garantit rien, car un faussaire soigneux les évite, avec ou sans l’aide de l’IA. France Titres, qui gouverne le dispositif 2D-Doc, fait reposer la preuve sur une signature : un code signé électroniquement empêche de falsifier un nom ou une adresse « avec un simple logiciel » sans rompre la cohérence entre le document et son code.

Les contrôles utiles s’appuient donc sur ce qu’un faussaire ne fabrique pas : une signature électronique, un registre public, une personne au bout du fil.

Comment vérifier un dossier locataire en 8 contrôles ?

Pour vérifier un dossier locataire, contrôlez les documents du locataire dans cet ordre : pièces légales, avis d’imposition, fiches de paie, employeur, entreprise d’un indépendant, garant et label DossierFacile. Le tableau dit ce que chacun établit, et ce qu’il laisse ouvert.

ContrôleOutil ou texteIl établitSa limite
1Pièces autorisées, originauxDécret n° 2015-1437Un dossier conforme et comparableRien sur l’authenticité
2Avis d’imposition interrogé en ligneService de vérification des avisL’avis est le dernier connuRien sur son titulaire
3Lecture du code 2D-DocApplication reconnue par France TitresLes données n’ont pas été modifiéesAbsent de nombreux documents
4Fiche de paie : mentions, calculs, SIRETCode du travail, Annuaire des EntreprisesUn bulletin cohérent, un établissement actifUn bulletin cohérent peut rester inventé
5Appel à l’employeurNuméro trouvé par vos soinsL’emploi existeDépend de la réponse
6Indépendant : Kbis, RNE, INSEEInfogreffe, Annuaire des EntreprisesL’entreprise existe, le candidat la dirigeRien sur le revenu réel
7Garant et visa VisaleMêmes contrôles, visale.frLa caution est réelle, le visa valideÀ refaire pour chaque garant
8Label DossierFacileDomaine officiel du serviceDes pièces validées, si le label figure sur la page officielleNi appel ni rencontre

Quelles pièces pouvez-vous demander, et lesquelles sont interdites ?

Contrôle 1 : s’en tenir à la liste légale et voir les originaux

Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe la liste limitative des pièces exigibles du candidat et de sa caution. L’article 22-2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 punit le manquement d’une amende administrative prononcée par le préfet, jusqu’à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. Pour le candidat, la liste compte quatre familles :

  • Identité : carte d’identité, passeport, permis de conduire ou titre de séjour, en cours de validité et avec photographie.
  • Domicile : un seul justificatif, dont les trois dernières quittances de loyer ou l’attestation du précédent bailleur.
  • Activité : contrat de travail ou attestation de l’employeur, Kbis de moins de trois mois, fiche d’immatriculation au Registre national des entreprises de moins de trois mois, certificat d’identification de l’INSEE, carte professionnelle ou carte d’étudiant.
  • Ressources : dernier ou avant-dernier avis d’imposition, trois derniers bulletins de salaire, deux derniers bilans ou attestation d’un comptable, justificatifs de pensions, de prestations ou de revenus du patrimoine.

La CNIL juge en principe non pertinents les relevés bancaires, la carte d’assuré social, l’extrait de casier judiciaire, le dossier médical, le contrat de mariage et le certificat de concubinage, sauf pièce exigée par un texte, dans le dispositif Pinel par exemple ; une pièce superflue envoyée par le candidat est à supprimer ou à lui renvoyer. Service-public.fr rappelle aussi qu’aucune somme ne peut être réclamée par le propriétaire avant la signature du bail.

Ce contrôle porte les sept autres : réduit aux pièces légales, un dossier se compare d’un candidat à l’autre, et chaque pièce a un émetteur à interroger. Le décret admet les copies, mais les originaux doivent pouvoir être présentés à la demande du bailleur : demandez l’original de la pièce d’identité à la visite, et comparez la photographie à la personne présente. Les quittances comptent aussi : le 4 mai 2012 (n° 10-28.313), la Cour de cassation a approuvé une cour d’appel qui rappelait qu’il incombe à l’agent immobilier chargé de rechercher un locataire de s’assurer de sa solvabilité, et qui retenait la faute d’une agence n’ayant pas demandé les quittances du précédent logement, lesquelles auraient révélé les difficultés que les locataires y avaient rencontrées.

Comment vérifier l’authenticité d’un avis d’imposition ?

Pour vérifier l’authenticité d’un avis d’imposition, saisissez son numéro fiscal et sa référence dans le service de vérification des avis d’impots.gouv.fr, puis lisez son code 2D-Doc avec une application reconnue par France Titres. Le ministère de l’Économie présente ces deux méthodes comme complémentaires : la première dit si l’avis est le dernier émis pour ce foyer, la seconde si son contenu a été modifié.

Contrôle 2 : interroger le service de vérification des avis

Sur impots.gouv.fr, la rubrique « Vérifier un avis d’impôt » est ouverte à tout bailleur ; le numéro fiscal et la référence de l’avis y comptent chacun 13 chiffres. « Conforme » signifie que l’avis est le dernier connu de l’administration ; selon la DGFiP, « non conforme » signale un avis plus récent ou une erreur de saisie, et le ministère de l’Économie cite le cas d’une déclaration rectificative ou corrigée en ligne. Relisez les chiffres, puis demandez le dernier avis. La mention « situation partielle » concerne un veuvage.

Contrôle 3 : lire le code 2D-Doc

Le 2D-Doc, code-barres carré imprimé sur l’avis, contient ses données clés, signées électroniquement. Le ministère de l’Économie cite cinq applications de lecture reconnues par France Titres : Otentik Code Reader, Smart Verify, 2D-DOC Reader, VDSeal Reader et VDS Verify. Un signal vert confirme la signature, un signal rouge indique l’échec. Le lecteur affiche notamment l’année des revenus, les noms des déclarants, le nombre de parts et le revenu fiscal de référence : comparez chaque ligne avec l’imprimé. France Titres le signale aussi sur des bulletins de salaire et des justificatifs de domicile de fournisseurs d’énergie. Demandez le PDF d’origine : un code flou ne se lit pas.

Le piège du vrai document : un avis « conforme » au 2D-Doc vert est authentique et à jour. Rien n’établit pour autant qu’il appartient au candidat : rapprochez toujours les noms lus dans le code de la pièce d’identité originale.

Comment repérer une fausse fiche de paie ?

Une fausse fiche de paie se repère en trois vérifications : ses mentions obligatoires, ses calculs et son SIRET, contrôlé dans l’Annuaire des Entreprises.

Contrôle 4 : les mentions, les calculs et le SIRET

L’article R. 3243-1 du code du travail fixe les mentions du bulletin de paie.

  • Les mentions. Nom et adresse de l’employeur, code d’activité, SIRET, convention collective, emploi et classification, heures payées, brut, cotisations, prélèvement à la source, net versé, date de paiement. Service-public.fr précise que, depuis le 1er juillet 2023, le bulletin comporte une rubrique « montant net social » : un bulletin récent qui l’ignore appelle une question.
  • Les calculs. Du brut, retirez les cotisations salariales et tenez compte des autres lignes de versements et de retenues : vous retrouvez le net avant impôt, puis, prélèvement déduit, le net payé. Dans une même année, le cumul du net imposable augmente chaque mois exactement du net imposable du mois.
  • Le SIRET. Saisissez-le dans l’Annuaire des Entreprises, service public qui réunit notamment les données de l’INSEE, de l’INPI et de la DGFiP. L’établissement doit être en activité, à l’adresse et avec l’activité du bulletin, et l’entreprise créée avant l’embauche. Une « unité non employeuse » qui verse des salaires appelle une explication, compte tenu de l’année de référence de cette donnée.

Un cas type, fictif : l’Agence Solane reçoit trois bulletins impeccables, calculs justes et cumuls cohérents. L’Annuaire des Entreprises indique que l’établissement du SIRET a été fermé avant la période de paie. Aucun examen visuel n’aurait trouvé l’anomalie ; une simple recherche l’a fait apparaître.

Employeur, indépendant, garant : quels contrôles croisés faire ?

Trois contrôles croisés complètent l’examen des pièces : l’appel à l’employeur par un numéro trouvé vous-même, le Kbis et l’inscription au RNE d’un candidat indépendant, et les mêmes contrôles pour le garant, visa Visale compris.

Contrôle 5 : joindre l’employeur par un numéro trouvé vous-même

Le numéro imprimé sur une attestation peut mener à un complice. Retrouvez celui de l’entreprise à partir de la raison sociale et de l’adresse lues dans l’Annuaire des Entreprises, sur son site officiel. Prévenez le candidat que vous vérifiez ses pièces auprès de leurs émetteurs, bornez la question à ce que le document affirme (cette personne est-elle salariée, ce document vient-il de vous ?) et notez la date, l’interlocuteur et la réponse. La démarche vaut pour le précédent bailleur, avec l’accord du candidat.

Contrôle 6 : pour un indépendant, le Kbis, le RNE et l’INSEE

Infogreffe énumère les marques d’un Kbis authentique : un QR code unique d’authentification accompagné d’un code datamatrix, la Marianne en filigrane, le tampon du greffe et la signature du greffier. Scannez le QR code, puis ouvrez la fiche de l’entreprise dans l’Annuaire des Entreprises : état, date de création, dirigeants inscrits au RNE, avis de situation INSEE téléchargeable. Le candidat doit y figurer comme dirigeant ou entrepreneur individuel.

Contrôle 7 : le garant, et le visa Visale

L’annexe II du décret fixe les pièces du garant : pour l’avis d’imposition, seul le dernier est admis (le candidat peut produire l’avant-dernier), et le domicile se justifie aussi par une facture d’eau, de gaz ou d’électricité de moins de trois mois. Appliquez au garant les contrôles 2 à 6. Pour la garantie Visale d’Action Logement, le bailleur vérifie le visa sur visale.fr en saisissant, lors de sa demande de contrat de cautionnement, le numéro du visa certifié et le nom du bénéficiaire. Tant que cette saisie n’a pas abouti, ne tenez pas la garantie pour acquise.

DossierFacile et les logiciels de vérification de dossier locataire suffisent-ils ?

Ils ne suffisent pas seuls : le label DossierFacile atteste un contrôle des pièces dont les standards publiés ne prévoient ni l’appel à l’employeur ni la consultation du répertoire des entreprises, et un logiciel privé ne vaut que par les contrôles qu’il documente.

Contrôle 8 : le label DossierFacile

DossierFacile est le dossier de location numérique de l’État, gratuit pour le candidat comme pour le propriétaire, créé en 2018 et porté par la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature. Le ministère de l’Intérieur décrivait en septembre 2025 une équipe de 15 agents qui examinent les dossiers cinq jours sur sept ; DossierFacile annonce une prise en charge des dossiers complétés sous 24 heures, délai que reprend le ministère en janvier 2026. Selon ses standards de validation, les opérateurs contrôlent la concordance des noms entre les pièces, la validité du titre d’identité, l’authenticité de l’avis d’imposition par lecture automatique et 2D-Doc, et la cohérence entre revenu fiscal et ressources déclarées. Sa page de présentation ajoute un contrôle automatique de l’avis auprès de la DGFiP et un filigrane « Documents exclusivement destinés à la location immobilière » sur les pièces.

Votre contrôle tient en deux gestes : consultez le dossier par un lien du domaine officiel, dossierfacile.logement.gouv.fr, le service avertissant lui-même que des sites frauduleux l’imitent, puis vérifiez sur cette page que le dossier porte bien le label, que seul reçoit un dossier validé par les opérateurs.

Logiciel de vérification de dossier locataire : quatre questions à poser

Avant de retenir un éditeur privé, obtenez des réponses écrites :

  • Quels contrôles exactement : 2D-Doc, service de l’administration, analyse du fichier, répertoire des entreprises ?
  • Le rapport rend-il un score, ou la liste des anomalies pièce par pièce, et quand un humain intervient-il ?
  • Où les pièces sont-elles hébergées, combien de temps, sous quel contrat de sous-traitance de données ?
  • Comment le résultat entre-t-il dans la fiche du lot, dans votre logiciel de gestion ?

Pour l’intégration, DossierFacile Connect permet à un logiciel partenaire de récupérer, par une connexion entre logiciels (une API) et avec le consentement du candidat, les informations de son dossier, et d’être prévenu de chaque changement de statut.

CritèreContrôle à l’œilDossierFacileLogiciel privéAgent IA relié au logiciel de gestion
Qui vérifieVous, sans méthode écriteDes opérateurs de l’ÉtatL’éditeur, à faire préciserL’agent signale, le gestionnaire tranche
CoûtVotre tempsGratuitDevis de l’éditeurSur devis pour l’agence, audit inclus
Employeur et registresSi vous y pensezPièces de l’employeur contrôlées, sans appel ni répertoireÀ demanderPréparés à chaque dossier
Trace des vérificationsRarement écriteLabel et filigraneRapport de l’éditeurJournal daté dans le dashboard, reporté dans la fiche du lot si le logiciel l’autorise
Maîtrise des donnéesPièces dispersées dans les boîtes mailLe candidat peut supprimer son dossierÀ faire préciserHébergement choisi avec vous à l’audit, données limitées au nécessaire

Un score de locataire calculé par l’IA est-il légal ?

Un score calculé par l’IA peut légalement servir d’aide au tri, à condition qu’un humain décide sans s’y fier de manière déterminante (article 22 du RGPD) et qu’aucun critère de l’article 225-1 du code pénal n’y entre, même indirectement.

La décision automatisée. L’article 22 du RGPD donne à toute personne le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé et l’affectant de manière significative. Dans son arrêt du 7 décembre 2023 (C-634/21, dit SCHUFA), la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que le calcul automatisé d’une probabilité de paiement constitue lui-même une telle décision lorsque le tiers qui le reçoit s’y fie de manière déterminante pour conclure, exécuter ou rompre un contrat.

La non-discrimination. L’article 1er de la loi du 6 juillet 1989 interdit de refuser une location pour un motif défini à l’article 225-1 du code pénal, dont la liste couvre notamment la situation de famille, le patronyme, le lieu de résidence, l’âge et la particulière vulnérabilité économique. Le refus discriminatoire est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende, portés à cinq ans et 75 000 € lorsqu’il est commis dans un lieu accueillant du public (article 225-2). En cas de litige, dès que le candidat présente des éléments laissant supposer une discrimination, c’est à vous de prouver que la décision est justifiée. Un modèle entraîné sur vos anciens locataires peut apprendre ces critères par des voies détournées, le code postal par exemple.

La conservation. Le référentiel de la CNIL sur la gestion locative (délibération n° 2021-057 du 6 mai 2021) limite la collecte aux pièces du décret, juge en principe adéquate une conservation de trois mois en base active pour les données des candidats et appelle en principe une analyse d’impact. Notre article sur le RGPD et l’IA dans l’immobilier détaille ces obligations.

La règle d’usage : faites de l’IA un détecteur d’incohérences documentées (un nom qui diffère, un cumul faux, un établissement fermé) présentées au gestionnaire, qui tranche et motive. Le classement des candidats par profil est la version à éviter.

Que faire quand vous découvrez un faux dossier locataire ?

Face à une fraude au dossier locataire découverte avant la signature du bail, cinq gestes :

  • Ne signez pas et informez par écrit le bailleur que vous représentez.
  • Motivez le refus par le fait objectif et documenté (avis toujours non conforme après relecture et demande du dernier avis, établissement fermé, employeur qui ne reconnaît pas le document) : consigné par écrit, ce motif vous permet de prouver que la décision est justifiée si une discrimination est alléguée (article 1er de la loi du 6 juillet 1989).
  • Conservez les preuves le temps nécessaire à la défense de vos droits, puis purgez-les.
  • Portez plainte si vous le jugez utile. Le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (article 441-1 du code pénal) ; la FAQ détaille les autres peines.
  • Gardez en tête que le nom inscrit sur les pièces peut être celui d’une victime d’usurpation d’identité.

Après la signature, la voie est judiciaire. Le dol, que l’article 1137 du code civil définit comme le fait d’obtenir le consentement de l’autre par des manœuvres ou des mensonges, vicie le consentement lorsqu’il a été déterminant (article 1130) et constitue une cause de nullité relative du contrat (article 1131). La nullité est prononcée par le juge, à moins que les parties ne la constatent d’un commun accord (article 1178) ; faites-vous conseiller par un avocat. Notre article sur l’IA et le droit immobilier, des compromis aux baux, dit ce qu’un outil prépare dans ces dossiers ; la vigilance anti-blanchiment relève d’autres règles, exposées dans notre article sur Tracfin et l’agent immobilier. Pour l’agence, l’arrêt de 2012 donne au journal des huit contrôles une seconde fonction : répondre au bailleur qui reprocherait une négligence.

Comment une agence organise-t-elle la vérification des dossiers avec un agent IA ?

Une agence organise la vérification en confiant à un agent IA, relié au logiciel de gestion et à la boîte des candidatures, la partie mécanique des huit contrôles, et au gestionnaire les appels, la rencontre et la décision. À chaque dossier, quel que soit le jour de sa réception, l’agent :

  • compare les pièces à la liste du décret, prépare la demande des manquantes et isole celles à ne pas conserver ;
  • extrait noms, dates, SIRET, montants et références d’avis, et les rapproche d’une pièce à l’autre ;
  • refait les calculs des bulletins ;
  • prépare les vérifications qui demandent un geste humain : références à saisir sur le service de la DGFiP, standard de l’employeur à appeler ;
  • consigne chaque résultat, daté, dans le dashboard, et dans la fiche du lot lorsque le logiciel de gestion ouvre une interface en écriture.

Le gestionnaire lit les signaux, appelle, rencontre le candidat et décide ; l’agent prépare et propose, une automatisation exécute ce que vous avez validé, et aucune candidature n’est écartée par la machine. Notre article agent IA immobilier : définition et usages en pose le principe, et un autre la méthode pour créer un agent IA en agence immobilière. Pour le socle, voyez notre comparatif des logiciels de gestion locative professionnels et notre article sur le choix d’un CRM immobilier. Pour rédiger les demandes de pièces, voyez l’IA pour écrire ses mails d’agent immobilier ; pour l’entrée dans les lieux, notre article sur l’état des lieux par IA.

Le propriétaire qui loue seul peut appliquer la méthode à la main, ou confier la gestion à un professionnel qui en répond. Pour les cabinets, la page gestion locative et agents IA présente les autres tâches préparées pour un service de gérance, et ce contrôle s’installe dans le dashboard qui automatise, construit avec vous ou livré clé en main. L’audit inclus dans nos deux offres part de vos dossiers réels et dit si cette vérification doit passer en premier.

Florian Berthoud
Fondateur de Kappn Agency · 10 ans dans l’immobilier de luxe à Paris

Questions fréquentes

Comment savoir si un dossier locataire est faux ?
En vérifiant chaque pièce auprès de sa source. Interrogez l’avis d’imposition sur le service de vérification des avis d’impots.gouv.fr, lisez son code 2D-Doc avec une application reconnue par France Titres, contrôlez calculs et SIRET des fiches de paie dans l’Annuaire des Entreprises, appelez l’employeur par un numéro trouvé vous-même, vérifiez le Kbis d’un indépendant, traitez le garant de la même façon et consultez le label DossierFacile sur son domaine officiel. Comparez enfin les noms avec la pièce d’identité originale.
Quels documents un propriétaire n’a-t-il pas le droit de demander ?
Tous ceux absents de la liste du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, sauf pièce exigée par un texte pour un logement réservé aux ménages modestes (dispositif Pinel, par exemple). La CNIL juge en principe non pertinents les relevés bancaires, la carte d’assuré social, l’extrait de casier judiciaire ou le dossier médical. Le manquement est puni d’une amende administrative d’au plus 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale, selon l’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989.
Le 2D-Doc suffit-il à prouver qu’un avis d’imposition est vrai ?
Non. Il prouve que les données imprimées n’ont pas été modifiées, sans dire si l’avis est le dernier émis, ce que tranche le service de la DGFiP, ni s’il appartient au candidat : rapprochez les noms lus dans le code de la pièce d’identité originale.
Comment vérifier un contrat de travail ou une attestation d’employeur ?
Joignez l’employeur par un numéro trouvé vous-même, à partir de la raison sociale et de l’adresse lues dans l’Annuaire des Entreprises, jamais par celui imprimé sur le document. Prévenez le candidat, limitez la question à l’existence de l’emploi et à l’origine du document, notez la réponse.
Un dossier labellisé DossierFacile peut-il être faux ?
Le risque demeure sur deux points. DossierFacile avertit que des sites frauduleux imitent le service : ouvrez le dossier sur le domaine dossierfacile.logement.gouv.fr et vérifiez-y le label. Et ses standards publiés ne prévoient ni l’appel à l’employeur ni la consultation du répertoire des entreprises : ces contrôles restent les vôtres.
Quelle sanction pour un faux dossier de location ?
Le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (article 441-1 du code pénal), l’usage d’une attestation falsifiée d’un an et de 15 000 € dans le cas simple (article 441-7), la tentative des mêmes peines (article 441-9). Sur le plan civil, un bail obtenu par des manœuvres ou des mensonges peut être annulé pour dol par le juge (articles 1130, 1131 et 1137 du code civil).
Sources
  • Décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, article 1er et annexes I et II. Légifrance
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 1er et 22-2. Article 1er · Article 22-2
  • Service-public.fr, justificatifs du futur locataire (vérifié le 10 avril 2025) et fiche de paie (vérifié le 1er juin 2026). Justificatifs · Fiche de paie
  • Ministère de l’Économie, authenticité des justificatifs de revenus, 13 mai 2026 ; DGFiP, service de vérification des avis, page modifiée le 6 janvier 2026. Ministère · DGFiP
  • France Titres (ANTS), page « 2D-DOC ». France Titres
  • Code du travail, articles R. 3243-1 et suivants. Légifrance
  • Annuaire des Entreprises ; Infogreffe, « Méfiez-vous des faux Kbis ! », 27 mars 2024. Annuaire · Infogreffe
  • Visale, vérification du visa du futur locataire. Visale
  • DossierFacile, accueil au 4 août 2026, « Comment ça marche ? » (archive du 10 juin 2026), standards de validation (archive du 11 mars 2026) et DossierFacile Connect (archive du 16 mai 2026) ; ministère de l’Intérieur, fiches des 29 septembre 2025 et 29 janvier 2026. Accueil archivé · Comment ça marche · Standards · Connect · Fiche 2025 · Fiche 2026
  • Code pénal, articles 441-1, 441-7, 441-9, 225-1 et 225-2. Des faux · Des discriminations
  • Code civil, articles 1130, 1131, 1137 et 1178. Articles 1130 à 1137 · Article 1178 (ordonnance n° 2016-131)
  • RGPD, article 22 ; CJUE, 7 décembre 2023, C-634/21. RGPD · Arrêt
  • CNIL, délibération n° 2021-057 du 6 mai 2021, référentiel gestion locative. Légifrance · Référentiel
  • Cour de cassation, 1re chambre civile, 4 mai 2012, n° 10-28.313. Légifrance
Relevé du 4 août 2026.

Huit contrôles, un journal daté par dossier

Nous construisons l’agent qui lit les pièces reçues, refait les calculs, prépare les vérifications publiques et consigne chaque résultat dans le dashboard, puis dans votre logiciel de gestion lorsque son interface l’autorise ; le gestionnaire appelle, rencontre le candidat et décide. Avec vous, ou livré clé en main, audit inclus.