Un site d’agence immobilière ne se refait pas parce qu’il a trois ans. Il se refait le jour où il cesse de faire son travail : amener des vendeurs, présenter des biens, recueillir un accord téléphonique qui tienne devant un contrôle. Le chantier a son risque propre, puisqu’un site en ligne porte des visites, des liens entrants et des positions qu’une bascule mal conduite efface en une nuit. Voici les signes qui déclenchent la refonte, l’inventaire qui la prépare, le traitement des adresses, la reprise des annonces, le délai à prévoir, et l’arbitrage entre le site vendu par l’éditeur de votre logiciel, un gabarit du marché et un site construit à part.
Les signes qu’un site est à refaire
L’âge d’un site dit peu de chose. Un site sobre de quatre ans qui remonte sur le nom de vos communes et remplit votre logiciel de demandes d’estimation fait son travail. Le déclencheur d’une refonte est fonctionnel.
- Vos visiteurs connaissent déjà votre nom. Personne ne vous découvre en cherchant une commune ou un prix au mètre carré.
- Aucune page ne s’adresse à un vendeur. Le site montre des biens à vendre et reste muet sur votre méthode d’estimation, vos honoraires, le déroulement d’une vente.
- Le formulaire d’estimation manque, ou il se perd. La demande arrive dans une boîte générique et personne ne la reprend dans le logiciel métier.
- Le consentement téléphonique n’est pas isolé. Depuis le 11 août 2026, l’appel de prospection vers un particulier suppose son accord préalable, et un site qui ne le recueille pas à part vous prive d’une matière devenue indispensable.
- Les annonces arrivent à la main, ou le flux depuis le logiciel casse sans que personne s’en aperçoive avant l’appel d’un vendeur.
- Vous ne pouvez plus rien modifier seul, ou le domaine et le code source ne vous appartiennent pas.
Un signe isolé n’impose pas un chantier complet. Une agence dont le site tient debout et qui manque d’une page d’estimation gagne à l’ajouter et à brancher le formulaire, pour une fraction du budget d’un site neuf. L’arbitrage se pose avant de signer, et c’est le rôle d’un audit : mesurer ce qui fonctionne, isoler ce qui manque, chiffrer les deux voies. Le cahier des charges d’un site d’agence sert ensuite à faire écrire la même chose aux prestataires.

L’inventaire avant d’ouvrir le chantier
La faute la plus coûteuse consiste à concevoir le nouveau site sans avoir regardé l’ancien. Un site en ligne depuis quelques années a accumulé des pages oubliées qui reçoivent encore des visites, un lien posé par un partenaire, un article de presse locale. Ces actifs disparaissent le jour de la bascule si personne ne les a listés.
L’inventaire tient dans un tableau, une ligne par adresse, construit à partir de quatre sources : le plan du site déclaré aux moteurs, l’export des annonces de votre logiciel, une exploration automatique, et la console de recherche de Google qui dit quelles pages reçoivent des clics. Pour chaque ligne, notez les visites, les liens entrants, les contacts déclenchés, puis la décision : conservée, réécrite, fusionnée ou supprimée.
Trois éléments échappent à ce tableau. Les fichiers qui ne sont pas des pages, plaquettes en PDF, barème d’honoraires. Les endroits extérieurs qui pointent vers vous, fiche Google, portails, annuaires, signatures de courriel, panneaux. Et les formulaires, dont la destination se vérifie en envoyant un test : un branchement déclaré n’est pas un branchement qui fonctionne.
Dernier point, souvent oublié : les traces de consentement déjà recueillies. Un accord vaut un an et sa preuve se conserve trois ans, et ces enregistrements doivent survivre à la refonte. Notre article sur le consentement téléphonique et sa preuve détaille les champs à conserver.
Les adresses et les redirections 301
La meilleure redirection reste celle que vous n’avez pas à écrire. Quand la structure des adresses de l’ancien site est saine, conservez-la à l’identique. Un site dont les pages s’appellent déjà /vendre ou /estimation n’a aucune raison de les rebaptiser parce que le graphisme change.
Quand une adresse doit bouger, elle appelle une redirection permanente, le code 301, chaque ancienne adresse pointant vers la nouvelle page équivalente, une par une. Quatre règles concentrent l’essentiel du risque.
- Une redirection permanente. Le code 301 annonce un déplacement définitif et transmet les signaux accumulés par l’ancienne adresse. Le 302, réservé au provisoire, n’a pas le même effet.
- Une correspondance page à page. Rediriger en masse vers l’accueil envoie le visiteur nulle part, et Google traite ces renvois comme des pages introuvables déguisées.
- Aucune chaîne. Une adresse qui renvoie vers une deuxième, laquelle renvoie vers une troisième, ralentit la page et dilue le signal. Réécrivez la première pour qu’elle vise la destination finale.
- Une durée longue. Google recommande de maintenir les redirections au moins un an après un déplacement d’adresses.
La recette de bascule vérifie cinq choses : chaque ancienne adresse répond en 301 vers la bonne cible, aucune page importante ne répond 404, le plan du site est régénéré et soumis, les balises canoniques désignent la bonne version, et la consigne d’indexation de la préproduction a bien été retirée. Ce dernier point mérite deux paires d’yeux : un site neuf laissé en noindex disparaît des résultats en quelques jours, sans signe visible.

Changer de nom de domaine, et ce que cela coûte
Refaire un site et changer d’adresse sont deux chantiers distincts. Les mener ensemble brouille le diagnostic : quand les visites baissent, vous ne savez plus si la faute revient aux nouvelles pages ou au nouveau domaine. Gardez votre nom de domaine quand vous le pouvez.
Quand il s’impose, changement d’enseigne, sortie de réseau, rachat, la marche à suivre est balisée. Déclarez le déplacement dans l’outil de changement d’adresse de la console de recherche, puis redirigez chaque adresse de l’ancien domaine vers son équivalent sur le nouveau. Et surtout, gardez l’ancien nom de domaine et payez son renouvellement pendant des années : le jour où il expire, toutes vos redirections meurent d’un coup.
Un changement de domaine entraîne une période d’instabilité dans les résultats. Dressez aussi la liste des endroits qu’aucune redirection ne couvre : fiche d’établissement Google, portails, annuaires, profils sociaux, signatures de courriel, panneaux, plaquettes, mentions légales, et les adresses de messagerie si elles portaient l’ancien domaine.
La reprise des annonces depuis le logiciel
Les pages de biens forment la partie que personne ne rédige à la main. Elles viennent de votre logiciel de transaction, par une interface de programmation ou par un flux exporté, et cette plomberie se sous-estime facilement. Notre article sur le branchement du site au logiciel métier décrit les deux voies. Trois décisions se prennent au début du chantier.
- Le format des adresses d’annonces. Un bien publié sous /bien/AP12345 puis republié sous /appartement-lyon-6e-4-pieces-AP12345 change d’adresse pour tout le portefeuille. Le gain en lisibilité est réel, le coût en redirections aussi. Tranchez avant l’intégration.
- Le sort d’un bien vendu. Chaque retrait laisse une adresse orpheline, et le portefeuille en produit tous les mois. Trois traitements se défendent : conserver la page avec la mention « vendu » et des biens comparables, rediriger vers la page du quartier, ou répondre que la ressource a disparu. Le choix se décide une fois et s’applique automatiquement.
- Le gel pendant la bascule. Pendant les heures où les deux sites coexistent, les créations et modifications d’annonces s’arrêtent, sous peine de se perdre dans la synchronisation.
Une nuance revient à chaque rendez-vous : votre logiciel métier gère vos dossiers, votre site vous fait trouver. Les deux se branchent l’un sur l’autre sans se remplacer, un point détaillé dans un CRM immobilier remplace-t-il un site internet. Les traitements qui tournent derrière, tri des demandes, relance, comptes rendus, figurent sur notre page le dashboard qui automatise.

Le délai réaliste et l’ordre des travaux
Une refonte se déroule en quatre temps, et le calendrier déraille presque toujours sur le deuxième.
- Inventaire et arbitrages. Le tableau des adresses, les pages à écrire, les décisions sur le domaine et le format des annonces.
- Arborescence et rédaction. Le poste le plus long, et celui qui dépend le plus de l’agence. Les pages qui font venir un vendeur, guide de vente, page de quartier, barème d’honoraires, demandent votre matière. Aucun prestataire ne l’invente à votre place, et un chantier qui attend un texte pendant trois relances prend un mois de retard sans que personne ait mal travaillé.
- Intégration et branchement. Les gabarits, le flux d’annonces, les formulaires, le consentement, la mesure d’audience. Les mentions à afficher sous chaque formulaire figurent dans notre article sur les mentions obligatoires d’un formulaire d’estimation.
- Recette et bascule. Vérification des redirections, des formulaires et de la mesure, puis mise en ligne. Abaissez la durée de vie des enregistrements de nom de domaine quelques jours avant, et basculez un mardi matin, avec la semaine entière devant vous pour corriger.
Le budget dépend du nombre de pages rédigées et de la complexité du branchement, davantage que du graphisme. Nos tarifs et nos offres posent le cadre, l’audit précise le chiffre. Un repère : les honoraires moyens d’une transaction s’élèvent à 12 463 €, selon l’avis 23-A-07 de l’Autorité de la concurrence.
Site de l’éditeur, gabarit du marché ou site sur mesure
Trois routes s’ouvrent. Reprendre le site vendu avec votre logiciel de transaction. Acheter un gabarit du marché, ce que beaucoup appellent un template de site d’agence immobilière. Faire construire un site à part, sur votre propre nom de domaine.
Trois questions les départagent, par écrit, avant la signature, chez un éditeur comme chez nous. Qui écrit le contenu des pages qui font venir un vendeur ? Qui détient le code source et le nom de domaine ? Que deviennent le site, les contacts collectés et les traces de consentement le jour où vous changez de logiciel ? La comparaison ligne à ligne des offres des trois éditeurs les plus installés figure sur notre page site de l’éditeur ou site sur mesure.
L’offre incluse dans votre logiciel se défend dans plusieurs cas : une agence qui vient d’ouvrir, un portefeuille modeste, une équipe sans personne pour tenir des contenus. Refaire son site chez le même éditeur reste une refonte entière. Le gabarit du marché apporte une mise en page, en laissant à votre charge le texte qui parle de votre commune. Un site construit à part prend son sens dès lors que votre secteur porte l’essentiel de votre activité. Notre approche figure sur nos sites immobiliers et sur le site qui fait venir vos clients, avec ses sept briques. Un agent seul ou un mandataire trouvera la déclinaison à son échelle sur le site internet d’agent immobilier et dans notre page expertise agent immobilier.
Notre propre refonte, sans enjoliver
Le site que vous lisez a été refait cette année. Il vivait sur des pages statiques construites à la main, et tourne désormais sur un socle applicatif qui génère les articles et les pages de quartier à partir de fichiers de contenu. Les adresses des articles, de la forme /blog/ suivie du sujet, ont été conservées à l’identique : aucune redirection n’a été nécessaire sur cette partie du site. Notre marque a changé de nom en cours de route, et chaque page retirée a été redirigée vers celle qui traite le sujet aujourd’hui.
La panne la plus instructive concerne la mesure d’audience. Après une mise en ligne, notre balise de suivi est restée muette plusieurs jours, bloquée par notre propre politique de sécurité de contenu, la règle qui autorise ou refuse les scripts extérieurs. Le site fonctionnait, les formulaires arrivaient, et le tableau de bord affichait zéro. Depuis, la recette comprend une ligne explicite : ouvrir la mesure en temps réel et vérifier qu’une visite de test remonte.
Enfin, une refonte graphique a été lancée au début du mois puis arrêtée après plusieurs maquettes, faute d’un résultat que nous aurions défendu devant un client. Arrêter un chantier qui part de travers coûte moins cher que livrer une maquette tiède. Nos références montrent le résultat de ces chantiers.
Questions fréquentes
Vais-je perdre mon référencement en refaisant mon site ?
Faut-il garder le même nom de domaine lors d’une refonte ?
Combien de temps faut-il conserver les redirections 301 ?
Un template de site pour agence immobilière suffit-il ?
- Google Search Central, déplacement de site avec modification des URL : correspondance des adresses et durée de maintien des redirections. Documentation Google
- Google Search Central, redirections : effets des codes 301 et 302 sur l’indexation. Documentation Google
- Google Search Console, outil de changement d’adresse, à utiliser lors d’un changement de nom de domaine. Aide Search Console
- Google Search Central, erreurs HTTP et réseau, dont le traitement des pages « soft 404 ». Documentation Google
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13, en vigueur le 11 août 2026, réécrivant l’article L. 223-1 du code de la consommation. Texte sur Légifrance
- Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 relatif au recueil et à la conservation du consentement à la prospection téléphonique. Texte sur Légifrance
- Autorité de la concurrence, avis n° 23-A-07 du 2 juin 2023 concernant le fonctionnement du marché français de l’entremise immobilière, pour le montant moyen des honoraires de transaction. Avis sur le site de l’Autorité