Diagnostic immobilier et estimation d’un bien.
En agence, diagnostic immobilier et estimation se préparent autour du mandat : l’estimation fixe un prix ou un loyer à partir de ventes et de loyers comparables, que la visite vient corriger, et les diagnostics disent quels documents remettre, à quelle date et pour combien de temps. Ce guide relie les sept articles du thème, de la base DVF à l’étiquette du DPE.
Par Florian Berthoud · Mis à jour le
- Des ventes signées, datées, sourcées
- Chaque diagnostic daté, chaque échéance suivie
- Un professionnel visite, corrige et signe

Sept articles, deux sous-thèmes
Les articles du thème, rangés par sujet.
Estimer un bien
Les diagnostics
En une réponse
Les diagnostics immobiliers forment le dossier de diagnostic technique, fourni par le vendeur et annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique, ou fourni par le bailleur et annexé au bail ; leurs durées de validité vont de six mois pour l’état termites à dix ans pour le DPE. L’estimation part des ventes signées du secteur, tirées de la base DVF de la DGFiP ou des bases des notaires, et se conclut par une fourchette que la visite corrige, puis par un avis de valeur signé qui précise qu’il ne constitue pas une expertise.
Les questions d’un dossier, du mandat à l’acte.
Onze réponses, dans l’ordre où un dossier de vente ou de location les pose. Chacune renvoie vers l’article ou la page qui la développe.
Diagnostic immobilier et estimation : par quoi commencer ?
Par le mandat, pour les deux. Le rôle de l’agence s’y joue : réclamer les rapports de diagnostic, noter leurs dates et leurs résultats, dire au vendeur lesquels refaire, puis reporter les classes du DPE dans la fiche descriptive du bien. L’estimation se prépare avant le rendez-vous vendeur ; la visite, la fourchette retenue et la signature restent celles du professionnel qui remet l’avis.
Les deux dossiers se croisent sur l’étiquette du DPE. Elle s’affiche dans l’annonce, fixe le calendrier de location du bien et rend l’audit énergétique obligatoire à la vente d’une maison classée E, F ou G en métropole ; dans l’estimation, elle se lit comme une caractéristique du bien, hors de toute formule de prix. L’entretien où ces pièces se réclament appartient au guide de la prospection et des mandats, de la pige à la prise de mandat.
Où trouver le prix des ventes immobilières d’un quartier ?
Dans DVF, la base des Demandes de valeurs foncières que la direction générale des Finances publiques publie gratuitement sur data.gouv.fr : elle recense les ventes des cinq dernières années, avec leur prix, leur date, leur adresse et la surface des biens, hors Alsace, Moselle et Mayotte. Vous la consultez sans compte sur l’explorateur explore.data.gouv.fr/immobilier, qui descend de la France entière à la parcelle, ou vous téléchargez ses fichiers pour faire vos propres calculs.
La base se met à jour deux fois par an, en avril et en octobre : la livraison d’avril restitue les mutations publiées avant le 31 décembre de l’année précédente, celle d’octobre les mutations publiées avant le 30 juin de l’année en cours. Une vente n’y entre qu’après la publication de l’acte, et la valeur foncière exclut les honoraires d’agence à la charge de l’acquéreur, mais inclut ceux stipulés à la charge du vendeur : datez toujours la donnée dans vos avis de valeur. En Alsace et en Moselle, où les ventes relèvent du livre foncier, l’agent s’appuie sur ses propres ventes et sur celles que des confrères acceptent de partager. La lecture d’une ligne DVF, champ par champ, et le calendrier de ses livraisons sont détaillés dans un article.
Comment estimer un bien à partir des ventes comparables ?
En partant des ventes de la même section ou du même quartier : des biens de même type et de surface voisine, sur les deux dernières années publiées, les lignes d’une même vente regroupées, puis la médiane du prix au m² et une fourchette, que la visite vient corriger. DVF ne dit rien de l’étage, de l’exposition, de la vue ni des travaux : la visite reste la source de ces corrections.
Sept limites se traitent avant le calcul : le décalage de publication, une vente répartie sur plusieurs lignes, les lots au-delà du cinquième, une surface déclarée parfois ancienne, l’état du bien, les ventes hors marché et le petit nombre de ventes d’une section. Devant le vendeur, présentez quatre à six comparables datés, avec type, surface et nature de mutation, et dites l’âge de la donnée : le vendeur voit des ventes conclues, là où les annonces montrent des prix demandés. Le document remis suit le modèle d’avis de valeur et ce qu’il engage, et l’IA qui aide à trier ces comparables est le sujet du guide de l’IA pour l’immobilier.
Sur le site de l’agence, publiez des agrégats (nombre de ventes, médiane, évolution) : l’article R* 112 A-3 du livre des procédures fiscales impose aux conditions d’utilisation de DVF d’interdire toute réidentification des personnes et toute indexation de ces données par les moteurs de recherche. Le formulaire d’estimation du site et ses mentions relèvent du guide du site internet d’agence immobilière.
Quel outil choisir pour estimer un bien en agence ?
Un outil se choisit sur sept critères, dans cet ordre : la source et la fraîcheur des ventes, la couverture de votre secteur, une méthode visible, un rapport à vos couleurs et prudent, le lien avec votre CRM, un module de site conforme et la réversibilité. Faites-vous montrer chacun en démonstration sur un bien que vous connaissez déjà.
Les outils se rangent en cinq familles : les bases de ventes, les modèles d’estimation automatique, la veille d’annonces, les éditeurs d’avis de valeur et les modules du logiciel de transaction. Une vente DVF ou notariale donne un prix signé ; une annonce donne un prix demandé, qui montre la concurrence sans prouver une valeur. En Île-de-France, la base notariale est BIEN, et Perval couvre le reste de la France ; en Alsace, en Moselle et à Mayotte, un outil fondé sur DVF seul reste sans ventes. Les cinq familles d’outils d’estimation, leurs sources et leurs modèles de facturation sont comparés dans un article.
Comment fixer le loyer d’un logement à louer ?
Par comparaison, puis sous plafond : on mesure la surface habitable, on compare le logement à des loyers pratiqués pour des logements semblables du même secteur, puis on vérifie que le loyer retenu respecte les plafonds de sa zone et de sa classe énergétique. Les loyers de marché se trouvent d’abord dans les baux que gère l’agence, puis dans l’observatoire local des loyers quand il existe, enfin dans la Carte des loyers et les annonces, qui donnent des loyers demandés. DVF ne contient aucun loyer.
Trois règles bornent le chiffre. Partout, un logement classé F ou G ne peut être reloué plus cher. En zone d’encadrement, le loyer de base ne peut dépasser le loyer de référence majoré. En zone tendue, le loyer d’un logement reloué ne peut en principe dépasser le dernier loyer du précédent locataire ; le décret qui le prévoit se proroge d’année en année, et sa version du jour se relit avant chaque bail.
Écrit et signé, l’avis porte la mention qu’il ne constitue pas une expertise, que l’article 6 du code de déontologie annexé au décret n° 2015-1090 du 28 août 2015 impose pour tout avis de valeur, sans distinguer vente et location. Le modèle d’avis de valeur locative en douze rubriques, avec ses références de loyer au format légal, fait l’objet d’un article.
Quels documents remettre dès la première visite ?
L’état des risques, établi depuis moins de six mois, quand le bien se trouve dans l’une des huit zones de l’article R. 125-23 du code de l’environnement, et l’audit énergétique quand il est dû, pour une maison ou un immeuble hors copropriété classé E, F ou G en métropole. Hors de ces huit zones, seule une recherche sur l’adresse et la parcelle permet de savoir si l’état des risques est exigé.
L’état des risques s’établit gratuitement sur ERRIAL, le téléservice de Géorisques : l’outil pré-remplit le document, puis le propriétaire le vérifie, le complète des sinistres indemnisés et l’approuve. Aucun diagnostiqueur n’est requis, et le vendeur ou le bailleur en répond. Toute annonce d’un bien concerné porte la phrase de l’article R. 125-25 qui renvoie au site Géorisques. Si l’état des risques manque à la signature de la promesse, le délai de rétractation de l’acquéreur non professionnel d’un logement ne court qu’au lendemain de sa communication. Les huit zones, les sept étapes sur ERRIAL et les quatre moments de la remise sont détaillés pour l’état des risques.
Quand faut-il refaire un diagnostic avant la vente ?
Quand il a dépassé sa durée à la date de la promesse ou à celle de l’acte : une durée « de moins de » se compte à rebours depuis la signature, et un document déjà périmé le jour de la promesse ne remplit pas l’obligation. Le vendeur commande alors un nouveau document, annexé à l’acte authentique (article L. 271-5 du code de la construction et de l’habitation).
Les durées vont de six mois pour l’état termites à dix ans pour le DPE. Les états du gaz et de l’électricité doivent avoir moins de trois ans à la promesse et à l’acte, et valent six ans pour un bail : un état de l’électricité de quatre ans reste valable pour un bail et se refait pour une vente. Un constat plomb sans plomb ou sous le seuil vaut sans limite, et aucun DPE établi avant le 1er juillet 2021 n’est valable depuis le 1er janvier 2025. Le tableau des durées, document par document, avec le texte qui fixe chacune se lit avant l’annonce, pour savoir quelles pièces refaire.
Comment lire la classe énergie d’un logement ?
Par la plus mauvaise de deux lettres : le DPE classe le logement de A à G sur l’énergie primaire consommée et sur les gaz à effet de serre émis, et retient la plus mauvaise des deux. Au-dessus de 40 m² et sous 800 m d’altitude, un logement est classé A sous 70 kWh par m² et par an et 6 kg éq. CO₂, et G dès 420 kWh ou 100 kg (annexe 5 de l’arrêté du 31 mars 2021) ; un logement de 40 m² ou moins a ses propres seuils, plus élevés, depuis le 1er juillet 2024.
Un pavillon à 240 kWh et 72 kg, D sur l’énergie et F sur les émissions, est classé F. Toute annonce de vente ou de location d’un bien soumis au DPE affiche ses classes énergie et climat, lisibles et en couleur en vitrine et sur internet. Les seuils de chaque classe, la double étiquette et les petites surfaces sont détaillés dans un article ; les autres mentions obligatoires d’une annonce font l’objet d’un autre. Les photos et la vidéo du bien, autre partie de l’annonce, sont le sujet du guide de la photo et de la vidéo immobilière.
Vendre un appartement en copropriété : quelles pièces énergie réunir ?
Le DPE du lot, dans le dossier de diagnostic technique, puis, demandés au syndic dès le mandat, le DPE collectif, le plan pluriannuel de travaux adopté ou son projet et les conclusions du diagnostic technique global s’il existe. Un appartement en copropriété se vend sans audit énergétique, même classé F ou G : l’audit réglementaire de l’article L. 126-28-1 vise la maison et l’immeuble en monopropriété.
En métropole, aucun texte n’impose à un syndicat de copropriétaires de commander un audit énergétique. La loi exige à sa place un DPE collectif de tout immeuble d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013, et un projet de plan pluriannuel de travaux quinze ans après la réception de l’immeuble. L’article L. 721-2 impose de remettre le plan et les conclusions du diagnostic technique global à l’acquéreur au plus tard à la signature de la promesse ; il ne cite pas le DPE collectif, qui se demande quand même. Le calendrier du DPE collectif selon le nombre de lots et les pièces à réclamer au syndic sont détaillés dans un article.
Qui répond d’une estimation ou d’un diagnostic ?
Celui qui signe ou qui fournit le document : l’agent répond de la fourchette qu’il signe, le vendeur fournit le dossier de diagnostic de la vente et le bailleur celui du bail. Un logiciel d’estimation ne transfère aucune responsabilité, et il est prudent d’indiquer qu’un outil a préparé les calculs.
Le constat plomb, les états amiante, termites, gaz et électricité et le DPE sont établis par une personne présentant des garanties de compétence, assurée et sans lien de nature à nuire à son impartialité avec le propriétaire, son mandataire, l’agence comprise, ou une entreprise de travaux (article L. 271-6 du code de la construction et de l’habitation). L’état des risques n’en fait pas partie : le vendeur ou le bailleur l’établit et en répond. Le cadre du métier, de la loi Hoguet à la carte professionnelle, fait l’objet du guide de la réglementation et du métier d’agent.
Que confier à un agent IA dans un dossier de vente ?
Les relevés de dates et les rappels d’échéance : un agent IA relié au logiciel de transaction peut lire chaque rapport reçu, en relever la date et le résultat, calculer l’échéance avec les durées que l’agence lui fournit et prévenir le négociateur à chaque étape. Il ne tranche pas la validité : le diagnostiqueur et le notaire gardent la main.
Côté estimation, un agent télécharge les ventes DVF de la commune, regroupe les lignes de chaque vente, signale les ventes atypiques et prépare les comparables datés de l’avis de valeur ; le négociateur relit, corrige et signe. Selon les accès qu’ouvre votre logiciel de transaction, un agent peut aussi comparer chaque annonce au DPE du dossier avant diffusion et signaler une annonce sans la phrase Géorisques. Le dashboard qui automatise réunit ces agents, un par tâche, et le guide des agents IA d’une agence dit comment les brancher sur votre logiciel. Pour voir lesquels conviendraient à votre agence, le simulateur qui compose vos agents IA donne une première réponse.
Sources
- Demandes de valeurs foncières (DVF), publiées par la direction générale des finances publiques sur data.gouv.fr : les ventes des cinq dernières années, hors Alsace, Moselle et Mayotte, mises à jour en avril et en octobre. Lire le texte
- Code de la construction et de l’habitation, article L. 271-4 : dossier de diagnostic technique annexé à la promesse de vente ou à l’acte authentique. Lire le texte
- Code de l’environnement, article L. 125-5 : information de l’acquéreur et du locataire sur les risques auxquels le bien est exposé. Lire le texte
Sources vérifiées le . Ce guide décrit un cadre général et ne remplace pas l’avis de votre conseil.
Passer du guide aux agents posés chez vous.
Quatre pages disent le travail lui-même, son périmètre et la façon dont il se chiffre. Chaque offre commence par l’audit, dont la conclusion peut être de ne rien engager.
Les questions fréquentes.
Le prix des diagnostics, le DPE dans l’estimation, la portée d’un avis de valeur, les ventes DVF sur le site, le rôle du diagnostiqueur, la pièce qui manque à l’acte. Si la vôtre manque, posez-la dès le premier échange.
Le vendeur fournit le dossier de diagnostic de la vente (article L. 271-4 du code de la construction et de l’habitation) et le bailleur celui du bail (article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989) ; les prix des diagnostics ne sont pas réglementés et varient d’un professionnel à l’autre. L’état des risques s’établit gratuitement sur ERRIAL, le téléservice de Géorisques. Une agence peut offrir l’estimation d’un loyer quand elle prépare un mandat ; facturée, elle devient une prestation dont le prix maximum figure, avec la partie qui le paie, dans le barème affiché à l’entrée de l’agence, en vitrine et sur ses services en ligne.
Elle se lit comme une caractéristique du bien, hors de toute formule de prix : un logiciel d’estimation et un avis de valeur écrit et motivé partent des ventes comparables. Elle compte en revanche pour la location : un logement classé F ou G ne peut être reloué plus cher, et en métropole un logement classé G n’est plus décent pour un bail conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 1er janvier 2025. Elle commande aussi l’audit énergétique, dû à la vente d’une maison ou d’un immeuble hors copropriété classé E, F ou G en métropole.
Non. Le code de déontologie annexé au décret n° 2015-1090 du 28 août 2015 oblige le professionnel sollicité pour un avis de valeur à informer son client que cet avis ne constitue pas une expertise (article 6) ; écrite dans l’avis, la mention en garde la preuve. La règle vise tout avis de valeur, sans distinguer vente et location. La Charte de l’expertise en évaluation immobilière juge en outre qu’un modèle automatisé, sans validation par un expert qualifié, ne produit pas une évaluation conforme.
Sous forme d’agrégats : nombre de ventes, médiane, évolution. L’article R* 112 A-3 du livre des procédures fiscales impose aux conditions d’utilisation de la DGFiP deux règles : aucun traitement ne peut permettre de réidentifier les personnes concernées, et les données ne peuvent être indexées par les moteurs de recherche. Le détail des ventes reste dans l’avis de valeur remis au vendeur, présenté par secteur, période, type et surface, sans réidentifier vendeurs et acquéreurs.
Non. L’article L. 271-6 du code de la construction et de l’habitation réserve certains documents du dossier de diagnostic technique, dont le constat plomb, les états amiante, termites, gaz et électricité et le DPE, à une personne présentant des garanties de compétence. L’état des risques n’en fait pas partie : le vendeur ou le bailleur peut l’établir lui-même sur ERRIAL, puis le vérifier, le compléter et le dater.
Si le constat plomb, l’état amiante, termites, gaz ou électricité ou le contrôle de l’assainissement manque ou n’est plus valable le jour de l’acte, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés correspondante (article L. 271-4, II, du code de la construction et de l’habitation). Sans état des risques, l’acquéreur peut poursuivre la résolution de la vente ou demander au juge une diminution du prix, et le locataire dispose des mêmes actions. Les sanctions de l’état des risques sont civiles : l’article L. 125-5 du code de l’environnement ne prévoit aucune amende.
L’audit · Compris dans l’offre
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Nommez le logiciel qui tourne dans votre agence et la pièce qui vous fait courir avant chaque signature. L’audit relève vos dossiers, vos sources de ventes et les accès que votre éditeur ouvre, puis vous rend un écrit avec un devis. La conclusion peut être de ne rien automatiser tant qu’une donnée manque.

